La Société de L’information et le Sommet Mondial sur la Société de l’information : Présentation générale.

Plan

- Introduction
- Présentation de la Société de l’information
- Présentation du Sommet Mondial sur la Société de l’information
- Les perspectives du sommet
- Les résultats du sommet
- Comment contribuer au sommet
- Quelques dates
- Le Bénin et l’Afrique dans la Société de l’information

Introduction :

Du 10 au 12 décembre 2003 se tiendra à Genève en Suisse, la première phase du Sommet mondial sur la société de l’information ; cet événement de taille planétaire interpelle toutes les catégories socio - professionnelles concernées par la collecte, la gestion et la diffusion de l’information. En Afrique et partout dans le monde, des réunions de concertation se tiennent ; des acteurs de la société de l’information se concertent pour une meilleure intégration. Avant de déterminer le rôle à jouer par cette catégorie dans la société de l’information, il importe dans un premier temps de présenter cette dernière, ensuite de présenter le Sommet mondial sur la société de l’information, puis de faire le tour d’horizon de toutes les actions déjà entreprises pour le bon déroulement de cette rencontre.

I - Présentation de la Société de l’information :

Il est important de rappeler ici que le concept de Société de l’information n’est pas nouveau.
Dès 1948, l’Américain Norbert Wiener pronostiquait l’avènement de la Société de l’information, en insistant sur l’idée de la circulation de l’information comme condition nécessaire à l’exercice de la démocratie.
Mais si la notion de Société de l’information n’est pas nouvelle, le développement foisonnant des réseaux et des diverses applications qui y sont associées, notamment les autoroutes de l’information donne enfin corps à ce pronostic ; et à ce propos, nous sommes en droit de nous demander si comme Monsieur Jourdain, nous ne faisons pas déjà de la prose sans le savoir... C’est-à-dire si nous ne vivons pas déjà de plain-pied la Société de l’information, tout en l’ignorant...

Qu’est-ce donc que la Société de l’information ?

Gilles BAUCHE, dans sa synthèse sur les travaux de la conférence portant le thème : LA SOCIETE DE L’INFORMATION : MENACE OU OPPORTUNITE POUR L’EUROPE ? organisée par l’Institut Aspen France à Lyon du 9 au 12 mai 1996 en disait ceci : « une société dominée par l’immatériel, où le savoir et la flexibilité seront des éléments déterminants, et entraîneront des mutations fondamentales qui sont autant de défis. »
Les mot-clefs « immatériel - savoir - flexibilité et mutations » sont ceux que l’on retrouve en général dans toutes les analyses sur la Société de l’information. Aussi allons-nous les développer un peu plus.


- Immatériel

Il est établi que la Société de l’information reposera en grande partie sur l’informatique, les télécommunications et l’audiovisuel. Cette convergence est à son tour rendue possible par la numérisation de l’information, quelle qu’elle soit : son, image, texte. Grâce à la numérisation de l’information, plus rien ne distingue sur les réseaux reliant entre eux les ordinateurs du monde entier, une image télévisée d’un fichier informatique ou d’une conversation téléphonique. Chaque entité matérielle possède ou possèdera son double numérique.

- Savoir

Le savoir peut être perçu sous trois différentes terminaisons à savoir :

"Le contenu " pour décrire les enjeux industriels

"L’information" pour évoquer le micro-économique, c’est-à-dire la compétitivité des entreprises

Et enfin "le savoir" pour décrire les conséquences sociales et culturelles de la Société de l’information.

Sur le plan industriel, le rôle déterminant du contenu est constaté dans les grandes manœuvres d’intégration verticales ou horizontales depuis une dizaine d’années. Ainsi, certains acteurs du multimédia financent le développement d’un secteur tandis que d’autres garantissent à terme un retour sur investissement. C’est la preuve que les futurs acteurs industriels de la Société de l’information ont des compétences et des besoins complémentaires ; c’est cela qui explique la logique effrénée des grandes alliances.

Sur le plan micro-économique, le rôle pour la compétitivité des entreprises, "de l’information juste à temps" est jugé déterminant. La migration des entreprises vers le monde des réseaux paraît inéluctable, et se fonde sur un raisonnement économique simple. Des quatre flux qui structurent toute relation commerciale, trois au moins seront bientôt totalement assurés par voie électronique :
Les flux d’information aboutissant à la décision d’achat (catalogues électroniques, télé-achat)
Les lux financiers ou monétaires de règlement de l’achat (monnaie électronique, télépaiement...)
Les flux administratifs liés à la réalisation de l’achat (édition de documents informatisés...)
Seule exception à la dématérialisation des flux, les flux physiques, c’est-à-dire la livraison des marchandises.

Sur le plan social, deux changements fondamentaux sur le rôle du savoir sont esquissés :
Au départ, un certain nombre de points d’étranglement liés aux systèmes de communication, et de traitement de l’information réservaient l’utilisation intensive du savoir à une élite. Dans la société de l’information, tout un chacun pourra disposer d’agents de connaissance, de documentalistes virtuels, capables d’écrémer l’information sur les réseaux numériques. Ainsi seront réduites les inégalités devant le savoir, par la mise à disposition publique d’informations de bonne qualité à un coût très bas.

Second changement, sur le plan du savoir : la société de l’information ne sera pas seulement synonyme d’ouverture d’esprit grâce aux sources infinies de documentation pouvant être consultées, ou d’élargissement des occasions de contact avec autrui dans le monde. Son, développement préfigure également une nouvelle forme de communication où chacun pourra apporter aux autres ses propres connaissances. L’axiome fondateur de l’internet est « si tu ne sais pas, demande ; si tu sais, partage ».


Flexibilité

Nous évoluons de plus en plus dans une société où les besoins de formation vont croître exponentiellement dans une économie où la valeur ajoutée est de plus en plus produite par le savoir, l’information, les nouveaux métiers et le recyclage permanent. Bref, la Société de l’information sera en même temps une "learning society", une société où la mobilité, la flexibilité face au changement et l’apprentissage permanents seront pour l’individu des facteurs clefs de succès.

Mutations

Sur le plan de l’emploi, on constate que les Technologies de l’information et de la communication amèneront un processus de destruction et de création d’emplois avec une certitude : c’est que les pertes d’emploi sont plus prévisibles que les gains, tout simplement parce que le mouvement de destruction est déjà perceptible avec les délocalisations d’emploi. La deuxième mutation, toujours liée à l’emploi, ou plutôt aux nouvelles formes d’emploi engendrées par les TICs, ce sera l’impact sur l’aménagement du territoire. En effet, avec le télétravail, il est possible que la concentration urbaine ne soit plus une condition de la viabilité économique des entreprises. Après tout, du pigeon voyageur à l’aéropostale, des nuages de fumées au télégraphe puis au téléphone, les hommes ne visait qu’une chose : réduire la distance et le temps pour se transmettre de l’information. A présent, peut être bien que grâce à l’Internet et aux progrès de la robotique, la présence physique du travailleur aux côtés de l’objet de son travail deviendra de plus en plus superflue.

La troisième mutation, c’est l’émergence de modèles économiques inédits, fondés non plus sur la rareté des facteurs de production que nous connaissons à l’époque actuelle, mais au contraire sur l’abondance de ce nouveau facteur de production qu’est l’information.

La dernière mutation concerne l’apparition d’inégalités nouvelles face aux NTICs.
Inégalités d’abord liées au niveau de vie et à l’éducation. Le constat a été fait que des formes d’exclusion culturelle surgissent toujours quand le niveau de connaissances requises pour maîtriser les outils du savoir s’élève ; cela engendre de nouvelles formes d’illettrisme et d’analphabétisme fonctionnel.
Inégalités géographiques également ; d’abord entre le nord et le sud, mais aussi au sein du monde industrialisé. La langue anglaise ne domine-t-elle pas actuellement, en matière de langages de programmation, ou en tant que langue véhiculaire des réseaux ?


- Présentation du Sommet mondial sur la Société de l’information

C’est au terme de la résolution 73 (Minneapolis, 1998) de l’Union internationale des télécommunications, que le secrétaire général de l’UIT a été chargé d’inscrire la tenue d’un sommet mondial sur la société de l’information à l’ordre du jour du Conseil de coordination des chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies, et de faire un rapport au Conseil, l’organe directeur de l’UIT, sur les résultats de cette consultation.
Dans le rapport présenté à la session de 1999, le secrétaire général a indiqué que la réaction du Conseil était positive et qu’une majorité d’autres organisations et institutions avaient exprimé le souhait de se voir associées à la préparation et à la tenue d’un tel sommet.

Il a ensuite été décidé que ce sommet serait organisé sous le haut patronage du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, l’UIT étant chargée d’en diriger les préparatifs.
En 2001, le Conseil de l’UIT a décidé d’organiser un Sommet en deux étapes, la première devant avoir lieu du 10 au 12 décembre 2003 à Genève, Suisse, et la seconde du 16 au 18 novembre 2005 à Tunis, Tunisie.

Dans sa Résolution 56/183, l’Assemblée Générale des Nations Unie a approuvé le cadre du Sommet adopté par le Conseil de l’UIT, ainsi que le rôle directeur joué par l’Union dans l’organisation et la préparation du sommet, en collaboration avec d’autres organisations et partenaires intéressés.
Dans cette même Résolution, l’Assemblée Générale des Nations Unies recommande que le soin de préparer le sommet soit confié à un comité préparatoire intergouvernemental à composition non limitée, qui en établirait l’ordre du jour, arrêterait les modalités de participation d’autres acteurs au sommet et mettrait au point le texte de projet de déclaration et du projet de plan d’action.

C’est aux termes de la même Résolution que l’Assemblée Générale des Nations Unies encourage en outre la contribution de tous les organes compétents des Nations Unies, en particulier le Groupe d’études sur les technologies de l’information et de la communication, et encourage les autres organisations intergouvernementales, notamment les institutions internationales et régionales ainsi que les organisations non gouvernementales, la société civile et le secteur privé, à participer activement au processus intergouvernemental préparatoire du sommet et au sommet proprement dit.


- Les perspectives du Sommet :

Le Sommet mondial sur la société de l’information offrira à tous les principaux décideurs, une occasion exceptionnelle de se rassembler pour essayer de mieux comprendre cette révolution et ses incidences sur la communauté internationale. Ce sommet réunira des chefs d’Etat, des chefs de secrétariat des institutions spécialisées des Nations Unies, des représentants du secteur privé, des organisations non gouvernementales ainsi que des médias et de la société civile.

Les rôles joués par les différents partenaires pour coordonner harmonieusement la mise en place de la société de l’information dans le monde seront également au cœur des préoccupations du Sommet et de sa préparation.

Résultats :

Ce sommet débouchera sur l’élaboration d’une déclaration d’intention politique claire et d’un plan d’action concret pour que la société de l’information puisse atteindre les objectifs qui sont les siens, compte tenu de tous les intérêts en jeu.

- Comment contribuer au Sommet mondial sur la société de l’information :

Les contributions au Sommet mondial et la participation à ses travaux peuvent prendre diverses formes :

- Mise en place d’un réseau constructif
- Encouragement de la coopération entre les différents acteurs
- Présentation de contributions de fond
- Organisation de réunions
- Organisation de sessions de formation
- Formulation de propositions opérationnelles
- Et enfin, la fourniture d’un appui et d’un financement.

Quelques dates :

- Le processus préparatoire

Un grand nombre de contributions seront présentées au Sommet de Genève (du 10 au 12 décembre 2003) : documents de réunions précédentes, plans d’action existants des différents partenaires et documents issus des réunions du comité de préparation (PrepCom). Des conférences régionales, des réunions thématiques et des réunions d’experts ont été organisées en vue d’examiner un sujet précis. Des conférences régionales sont organisées, pour traiter des préoccupations, des besoins et des priorités des différentes régions. Les PrepCom ont eu lieu avec la participation de représentants des gouvernements et d’autres parties intéressées : représentants des institutions spécialisées du système des Nations Unies, du secteur privé, de la société civile et des ONG.

- les réunions du comité de préparation

PrepCom 1 : Genève, 1-5 juillet 2002

PrepCom 2 : Genève, 17-28 février 2003

PrepCom 3 : Genève, 15-26 septembre 2003

- les conférences régionales :

Afrique : Bamako (Mali), 25-30 mai 2002

Europe : Bucarest (Roumanie), 7-9 novembre 2002

Asie-Pacifique è Tokyo (Japon), 13-15 janvier 2003

Amérique latine et Caraïbes : Bávaro (République Dominicaine), 29-31 janvier 2003


Le Bénin et l’Afrique dans la Société de l’information

Les traits de la société africaine sont décrits par ce qui suit : 80% d’analphabètes, culture de l’oralité, vie communautaire, un seul téléphone, un seul téléviseur pour plusieurs personnes ; l’information va souvent du sommet vers la base sans interactivité. La Société de l’information serait effective pour l’Afrique en général et pour le Bénin en particulier, si le paysan béninois peut être informé en temps réel et dans sa propre langue, du prix du coton à la Bourse de Paris ou de New-York. Cette société sera effective également si le même paysan a les moyens de réagir en retour. L’Afrique est-elle alors écartée de la Société de l’information ?

- Conclusion :

La Société de l’information s’appuie surtout sur l’automatisation, la robotique et l’informatique. Les pays du nord vivent déjà, pour la plupart, dans la société de l’information annoncée par Norbert Wiener. Mais pour l’Afrique, il serait nécessaire de trouver des outils qui s’adaptent aux traits cités plus haut. Mais tout n’est pas perdu quand on sait que de nos jours avec une société comme ENCORE, il est possible, grâce aux appareils SIMPUTER, q’un Indien puisse accéder dans sa langue maternelle, aux informations disponibles sur l’Internet, sans au préalable apprendre à lire ou à l’écrire. L’espoir est donc permis...

Liens à visiter :

1-Le site officiel du sommet

2-Simputer ENCORE

1013 visites depuis le 3 juin 2004. Pour citer cet article :
Simon Florentin Adjatan, La Société de L’information et le Sommet Mondial sur la Société de l’information : Présentation générale.. [En ligne : http://adjatan.org/publications/La-Societe-de-L-information-et-le-Sommet-Mondial-sur-la-Societe-de-l-information-Presentation-generale] Consulté le 25-11-16