Visite à l’Evèque Lucien Agboka
22 novembre 2007 par Simon Florentin Adjatan Photos 0 message

Dimanche 18 novembre 2007. Nous étions une dizaine au départ de Cotonou pour une visite à un homme peu ordinaire : Mgr Lucien Monsi Agboka.

Cet homme, précédemment évèque d’Abomey, a, tout au long de son mandat, construit de nombreux foyers d’accueil pour l’hébergement des jeunes élèves et apprentis ouvriers. L’un d’entre ces foyers se dénommait FOMORA (Foyer Monseigneur Rhodain d’Abomey). J’y suis resté pendant quatre années - toute ma scolarité à Abomey. A l’époque, il fallait s’acquitter d’une modique somme de 4500f cfa (environ $10 us) par an, pour partager une cabine avec trois autres élèves. En fait de cabine, c’étaient plutôt des pavillons découpés en deux séjours et quatre chambres. Huit élèves se partageaient un séjour et deux chambres équipées de lits superposés. Nous avions l’eau courante, l’électricité, et de temps en temps des vivres provenant du PAM (Programme Alimentaire Mondial). Ces vivres étaient en général du riz, de la semoule, des lentilles, du lait en poudre, de l’huile, de la farine de soja, des boîtes de conserve, etc. Nous partions de ce foyer vers les différents collèges de la cité d’Abomey : Lycée Mafory Bangoura pour moi, le Lycée Houffon, et les deux CEG (Collège d’enseignement général).

L’idée de construire ces foyers vient d’une scène que Mgr Agboka a autrefois vécu dans la rue. Alors qu’il passait, il fut témoin d’une scène plutôt triste : un élève venait de se faire vider par son propriétaire pour non paiement de loyer... Une éjection plutôt sévère, avec cahiers, livres et vêtements directement jetés à la rue. Le Prélat a bien sûr récupéré le malheureux garçon, mais une idée venait de germer dans son esprit : construire autant de foyers que possible afin d’éviter pareille mésaventure aux nombreux autres garçons désireux de poursuivre leurs études à Abomey. Cette idée, il l’a largement réalisée jusqu’à sa retraite.

Aujourd’hui il s’est retiré à Ouidah dans un coin magnifique... La mer à 200 mètres, la lagune à 6 mètres, et lui, au milieu... Ce domaine appartenait autrefois à son père, installé dans la région de Djègbadji pendant la période coloniale. Nous avons passé du bon temps avec lui à parler du bon (pas si vieux) temps, de l’avenir, de nos projets... Nous avons surtout la responsabilité de faire revivre ces foyers qui se meurent, faute de volonté et de vision de la nouvelle équipe en place.
Etaient présents : Hyacinthe Amorin, Angelo Dadjo, Virgile Houessou, Jean Aikpon, Yves Hessou alias Prozo, Mathurin x, Djimadja x, Alexis Boco et quelqu’un d’autre dont le nom m’échappe...

PS : L’homme a tiré sa révérence quelques mois après la publication de ce article, exactement le dimanche 27 avril 2008... RIP !

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