Une si longue lettre de Mariama Bâ

22 août 2006 par Simon Florentin Adjatan Lectures 28

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Couverture du livre

Il vaut mieux tard que jamais, dit-on... je n’avais toujours pas encore lu ce beau livre africain. Pas le genre avec lequel il faut traîner ; il vaut mieux le finir dès qu’on le commence.

Grand classique et œuvre incontournable dans la littérature africaine contemporaine, Une si longue lettre, roman épistolaire de l’auteur sénégalais Mariama Bâ, a été publié pour la première fois en 1979. De renommée internationale, car traduit par la suite en vingt langues différentes, la présente œuvre demeure incontestablement aujourd’hui une référence en matière de culture négro-africaine. En outre, Mariama Bâ fut la première romancière africaine à avoir osé lever le voile sur certaines réalités sociales propres au continent africain en général et à son pays en particulier, le Sénégal. Cet engagement, signe d’hardiesse et de témérité, lui vaudront tous les honneurs tant la portée de son geste, survenu dans un contexte où la liberté de pensée et d’expression en ce qui concerne les femmes n’étaient pas forcément les maîtres mots, fut grande et éloquente.

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Mariama Bâ

Ledit roman retrace ainsi tout au long des vingt-huit lettres qui le composent, les différentes étapes et péripéties de la vie de deux amies d’enfance, Ramatoulaye Fall et Aïssatou Bâ.

Veuve et mère de douze enfants, Ramatoulaye entreprend après la mort de son mari, Monsieur Modou Fall, la rédaction d’une « longue lettre » qu’elle adresse à sa meilleure amie Aissatou Bâ, exilée aux Etats-Unis où elle exerce le métier d’interprète. La période de réclusion de quarante jours que lui impose la tradition musulmane la plonge dans de profondes réflexions qui lui permettent à leur tour, de procéder à un bilan de sa vie. Ramatoulaye relate avec tendresse mais aussi avec beaucoup de nostalgie les différents moments ayant marqué leur amitié et leur enfance commune. Une enfance faite de joie, de croyances, d’espoir mais en fin de compte de désillusions patentes.

Ceci est aussi l’occasion pour notre héroïne de revenir sur les circonstances du décès de son mari, sur les années passées à ses côtes, sur ses déboires conjugaux mais également de dresser un parallèle entre l’expérience d’Aïssatou et la sienne, et d’en tirer des conclusions. De ce fait, loin de se poser comme un simple outil d’expression au service de la pensée de l’homme, l’écriture aura au fil de l’histoire un véritable effet cathartique sur Ramatoulaye. C’est à travers et surtout grâce à elle que celle-ci nous fait part non seulement de ses états d’âme et de sa détresse mais aussi des maux profonds qui érodent la société sénégalaise, et plus particulièrement les femmes. Au fil des lettres, Ramatoulaye nous dépeint un tableau sombre de sa condition de femme africaine au Sénégal tout en insistant sur le rôle que les femmes jouent dans la société. Rôle précis et limité à l’éducation des enfants et à la tenue d’un foyer, aucune autre responsabilité de quelque nature que se soit ne leur étant attribuée.

Ainsi, Ramatoulaye se souvient du jour où, après de nombreuses années de bonheur et de quiétude, elle se fit imposer la présence au sein de son couple, de Binetou, jeune lycéenne et amie de sa fille Daba. Déçue, malheureuse, triste, jalouse mais amoureuse, celle-ci n’a jamais renoncé à celui qui par le passé, l’a fait rêver ; préférant ainsi subir humiliations, railleries, avilissements et assujettissements qu’impose tout régime polygamique.

Par ailleurs, Ramatoulaye y évoque aussi, à regret, le manque d’ouverture de la société sénégalaise. En effet, celle-ci dénonce tout au long de ses lettres une société régie par un système de castes qui se veut discriminant, méprisable et injuste. Aïssatou en a d’ailleurs fait les frais. Issue d’une famille ouvrière et mariée à Mawdo Bâ, médecin et meilleur ami de Modou, celle-ci n’a jamais été acceptée par la « noble » famille de son époux et plus particulièrement par Tante Nabou, sa belle-mère. Confrontée comme son amie à la polygamie, cette dernière, contrairement à de nombreuses femmes, a eu le courage de quitter son mari en s’exilant avec ses quatre enfants aux Etats-Unis. Acte de bravoure et synonyme de fierté, Aïssatou rompt ainsi avec une certaine tradition que nul n’a jamais réellement osé remettre en question.

Finalement, plus qu’un simple récit, ce roman est une véritable interpellation et une critique ouverte de l’organisation rigide des sociétés patriarcales. L’auteur appelle à travers de nombreux messages, la gent féminine à prendre son destin en main. Convaincue de la complémentarité de l’homme et de la femme, celle-ci nous invite à prendre conscience que nous avons tous, quelque soit notre sexe, un rôle à jouer dans la société. Pour cela, il faut bien évidemment que les mentalités changent. A cet effet, le rôle de la femme est donc de lutter avant tout pour la reconnaissance de ses droits et contre ces pratiques traditionnelles injustes et abusives qui sont propres aux sociétés africaines.

24487 visites depuis le 22 août 2006. Pour citer cet article :
Simon Florentin Adjatan, Une si longue lettre de Mariama Bâ. [En ligne : http://adjatan.org/lectures/article/une-si-longue-lettre-de-mariama-ba] Consulté le 03-12-16

Vos commentaires

  • Le 10 janvier 2007 à 22:03, par astou En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

    bonjour moi c est astou et je trouve ce roman trés interessant car elle met en face de nous les durs conditions au quelles on etait exposée nous les femmes africaines par des traditions que je jugerais d’ignobles mais je sais que mariama ba serai contente aujourd’hui meme la situation réste une peu je suis élève de 3eme

    • Le 21 janvier 2007 à 10:40, par ed En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

      salut je suis parfaitetment dacord avec toi

    • Le 8 février 2008 à 12:05, par RIVAROLL En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

      bonjour je me nomme richard eleve en classe de 3ém,en cote d’ivoire(abidjan)je suis du mais avis que vous et Mariama Ba. j’aimerais aussi que nousnous connaissons plus mon mail est rivaroll15@yahoo.fr.

  • Le 23 janvier 2007 à 18:25, par RAMATOULAYE DIALLO LOUM En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

    J’ABONDE DANS LE MEME SENS QUE COOLSIM:UNE SI LONGUE LETTRE EST L’UN DES MEILLEURS ROMANS AFRICAINS ;JE SERAI MEME TENTEE DE DIRE AU DELA D’UNE BIBLIOTHEQUE,
    C’EST UNE ECOLE.JE SALUE AU PASSAGE TOUS CEUX ET CELLES QUI PARTAGENT MA PASSION.UN DEVOIR DE MEMOIRE A L’ENDROIT DE L’AUTEUR QUI M’A DONNE LE GOUT A LA LECTURE.
    BONNE RECEPTION A TOUS

  • Le 3 juillet 2007 à 12:47, par sophie En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

    j’ai un expose.l’image de la femme dans une si longue lettre.pouvez vous m’aider

    • Le 30 mai 2008 à 18:10, par demba En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

      pour faire une recherche de limage de la femme dans une si longue lettre vous devez accentuer votre recherche sur ses 3 points :
      femmes emmancipées
      femmes matréaliste
      femmes traditionnelles

      demba sow sénégal proffesseur
      email dioportega@hotmail.com

  • Le 18 octobre 2007 à 14:34, par awa En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

    moi j aime bien ce roman il nous parle comme les homme traiter les femme du mariage force de la societé de l educaton et jaime bien lire ce roman et je suis parfaitement d accord avec toi je suis eleve en classe de 3eme

  • Le 15 décembre 2007 à 01:26, par touty En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

    merci de vous interresser au livre de ma grand mere mariama ba
    je vous signale que sa fille qui est ma mere a sorti un livre, une biographie de sa mere intitulè mariama ba et les allees d un destin
    Je vous conseille de le lire pour mieux connaitre MARIAMA BA

    • Le 2 avril 2008 à 13:28, par Nafi En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

      Je suis trés contente de ton commentaire Touty.
      Je suggère à tous les fans de Mariama Bâ de lire les allées du destin pour avoir un aperçu clair et précis de la vie de l’auteur en quelques pages.
      C’est un livre formidable écrit par la troisième fille de l’auteur : Mame Coumba Ndiaye. Vous y trouverez les réponses à toutes vos questions.
      Bonne lecture.

    • Le 26 juin 2008 à 12:28, par NDEYE FATOU GUEYE En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

      Bonjour TOUTY,

      MOI JE SUIS UNE PERSONNE QUI ADORE BEAUCOUP VOTRE GRAND MERE.

      jE NE ME LASSERAI JAMAIS DE LIRE UNE SI LONGUE LETTRE.

      MES SALUTATIONS A TA MAMAN.

  • Le 9 janvier 2008 à 19:55 En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

    j ai un exposer sur ce livre feminisme et femme au foyer. je voudrais qu on m aide

    • Le 3 avril 2008 à 13:56, par Nicole En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

      Bonjour mes chers correspondants je suis fière de faire votre découverte en vous écrivant. Je voulais lire un peu le roman de Mariama bâ "une si longue lettre"

  • Le 23 janvier 2008 à 16:46, par denan arnaud En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

    j’ai un expose sur l’oeuvre une si longue lettre aide moi

  • Le 7 février 2008 à 14:55, par allassane En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

    moi c est inza de la cote d ivoire.Je voudrais vous m aidider pour un exposé sur la haine du roman une si longue lettre de mariama ba svp

  • Le 9 mars 2008 à 17:08, par sarah En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

    Je trouve que c’est un trés beau livre, qui nous narre l’histoire de femmes africaines, et par dessus ça on peut perçevoir leur conditions de vie qu’elles doivent endurée.
    éléve de 2nd

  • Le 5 avril 2008 à 12:59, par mansour En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

    bonjour je demandais pour savoir le constat de mariama ba sur l education

  • Le 5 avril 2008 à 19:37, par karim En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

    j ai un exposé sur une si longue lettre de Mariama Bâ

  • Le 8 avril 2008 à 23:51, par sarra fall En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

    jé une exposé sur la tradition et la modernité

  • Le 21 avril 2008 à 19:17, par dinarenz En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

    slt moi c’est dina et je trouve le livre assez passionant et instructif je n’oublie pas l’auteur qui est super interressante j’aimerais écrire aussi 1e oeuvre littéraire de grande importance comme celle de mariama ba

  • Le 8 mai 2008 à 14:53, par demba:moukaramou En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

    BONJOUR JE M’appelle demba diafouné J’ai une exposée sur l’education dans une si longue lettre de mariama BA.
    JE VEUX QUE VOUS M’aidez

  • Le 21 mars 2013 à 03:21, par med el aghib En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

    bon jour je mappele mouhamed el aghib
    jai un expose le dimanche 24-03-2013 sur les resume des chapitre du roman une si long lettre
    et merci

  • Le 21 mars 2013 à 05:12, par Simon En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

    @mouhamed el aghib. Excellent ! Je vous souhaite un très bon exposé sur les chapitres de cet excellent ouvrage.

  • Le 18 mai 2013 à 06:39, par Berte sseydou En réponse à : Une si longue lettre de Mariama Bâ

    je suis vraiment impressionne par cette oeuvre quidépeint la situation de la femme Africaine. en Afrique on pense que la place de la femme n’est nul part ailleurs que dans le foyer,que elle est destinée a la procréation et a l’éducation des enfants.Il faut les Africain comprennent que toute action humaine doit avoir l’onction de la femme car elle est le socle de la société.je pense que cette vision eronnee de la femme nous plongée dans la misère et dans le sous développement. Alors si nous aspirons réellement au bonheur et du développement il faut donner a la femme la place qu’elle mérite dans la société. comme mot de fin je dirai que ne soyons esclave de notre orgueil d’homme sinon on fonce droit dans le mur.