Bitcoin, la cyberdevise qui fait trembler la Finance

30 janvier 2013 Blog 0

Libre et décentralisée, cette monnaie virtuelle fait de plus en plus parler d’elle. Après quatre ans d’existence, voici venu le temps de la spéculation. Après la musique, le cinéma, la presse papier et le commerce traditionnel, c’est au tour du billet de banque et des pièces de monnaie d’être pris dans le tourbillon de la dématérialisation. Cette monnaie virtuelle a un nom : le bitcoin. C’est une devise libre, convertible en dollars et en euros, créée il y a quatre ans. Son fonctionnement est autonome et repose sur un réseau de serveurs distribués, sans contrôle central.

Des transactions anonymes.

Pour l’utiliser, il suffit de télécharger gratuitement un logiciel sous Windows, Mac OS ou Linux sur http://www.bitcoin.fr . En pratique, les échanges se font au travers de ce logiciel, d’ordinateur à ordinateur sans serveur entre les deux, à la manière de BitTorrent. Et les transactions sont anonymes et sans frais. Tout le contraire des échanges monétaires classiques, basés sur des banques centrales incarnant l’autorité d’un État, avec des transactions identifiées et des frais de traitement. Pour se procurer des bitcoins, plusieurs solutions : en acheter auprès d’une bourse d’échange ou vendre quelque chose en utilisant la devise.

Un côté aléatoire toutefois

La très sérieuse BCE (Banque centrale européenne) ne voit pas d’un très bon œil cette cyberdevise. Dans un rapport rédigé fin octobre (disponible à l’adresse http://goo.gVouODW), elle note que le bitcoin est la« monnaie virtuelle ayant le plus de succès » actuellement. Autorégulé mais« similaire à des monnaies conventionnelles », cet argent dématérialisé serait alors « en compétition avec le dollar ou l’euro ». Mais la Banque centrale met surtout en avant son côté aléatoire, façon jeu de Monopoly. Elle souligne la concurrence que le bitcoin fait peser sur l’institution bancaire. Et s’inquiète que sa convertibilité dans des monnaies réelles suscite un intérêt auprès des mafias, toujours à la recherche de moyens pour blanchir leurs revenus. À l’inverse des monnaies classiques, le nombre de bitcoins émis est fixé à l’avance à vingt et un millions. Théoriquement, les émetteurs ne pourront donc jamais augmenter ce nombre, comme les États le font en faisant fonctionner la planche à billets pour produire de l’inflation. Mécaniquement, la valeur du bitcoin devrait alors augmenter par rapport aux autres devises. Une bonne affaire pour les spéculateurs, certes, mais une gigantesque arnaque de type Ponzi pour les responsables de LinuxFR. Cette association, dont l’objectif est de promouvoir les logiciels libres, dénonce un système où ceux qui ont amassé des bitcoins ont tout intérêt à en convaincre d’autres d’investir dans cette ruée vers l’or numérique. Même le site Bitcoin.fr prévient les amateurs : « un porte-monnaie virtuel[. . .] peut disparaitre du jour au lendemain », sans recours. Comme au Monopoly ...

Pour citer cette brève :
Simon Adjatan, Bitcoin, la cyberdevise qui fait trembler la Finance. [En ligne : http://adjatan.org/blog/breve/bitcoin-la-cyberdevise-qui-fait-trembler-la] Consulté le 03-12-16

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