Une petite portion de 1Q84, livre 1 que j’aime bien !

27 septembre 2012 par Simon Florentin Adjatan Blog 0

Tiré du livre 1Q84, livre 1 (avril-juin) de Haruki Murakami

Aussi Aomamé avait-elle décidé de punir personnellement cet homme. Elle s’était fait indiquer par Tamaki l’endroit où il habitait et elle s’était rendue sur place, avec une batte de soft-ball cachée dans un grand cylindre en plastique pour dessins industriels.

Tiré du livre 1Q84, livre 1 (avril-juin) de Haruki Murakami

Aussi Aomamé avait-elle décidé de punir personnellement cet homme. Elle s’était fait indiquer par Tamaki l’endroit où il habitait et elle s’était rendue sur place, avec une batte de soft-ball cachée dans un grand cylindre en plastique pour dessins industriels. Ce jour-là, Tamaki était allée à Kanazawa pour une célébration à la mémoire d’un parent. Ainsi, elle aurait un alibi. Aomamé s’était assurée au préalable que le garçon serait absent. Elle avait brisé la serrure de sa porte à l’aide d’un marteau et d’un tournevis et avait pénétré dans la chambre. Et puis, avec la batte enveloppée dans plusieurs serviettes, en prenant bien garde de faire le moins de bruit possible, elle s’était livrée à un saccage systématique. Depuis le téléviseur, le lampadaire, le réveil, les disques, le grille-pain, jusqu’aux vases, elle avait brisé tout ce qui pouvait l’être. Elle avait sectionné les fils du téléphone avec des ciseaux. Les livres, elle les avait ouverts, déchirés, puis avait éparpillé les pages, et elle avait répandu le contenu entier des tubes de dentifrice et de crème à raser sur le tapis. Elle avait déchiré les cahiers des tiroirs. Cassé les stylos et les crayons. Brisé les ampoules électriques. Lacéré au couteau les rideaux et les coussins. Elle avait également découpé aux ciseaux toutes les chemises qui se trouvaient dans l’armoire dans l’armoire. Et aussi barbouillé de ketchup les sous-vêtements et les chaussures rangés dans les tiroirs. Elle avait retiré les fusibles du réfrigérateur et les avait jetés par la fenêtre. Elle avait ôté la bonde de la chasse d’eau des toilettes et l’avait brisée. Elle avait aussi écrasé la pomme de la douche. Un destruction méthodique, qui n’avait rien épargné. La chambre était devenue proche du paysage des rues de Beyrouth après un bombardement, comme sur les photos qu’elle avait vues il y avait un certain temps, dans le journal...

288 visites depuis le 27 septembre 2012. Pour citer cet article :
Simon Florentin Adjatan, Une petite portion de 1Q84, livre 1 que j’aime bien !. [En ligne : http://adjatan.org/blog/article/une-petite-portion-de-1q84-livre-1] Consulté le 03-12-16